Père de toute une nation, le Mahatma Gandhi est le saint homme le plus aimé et le plus respecté de toute l'Inde (et du reste du monde, d'ailleurs). Alors quand un film portant son nom sort sur les écrans, les passions se déchaînent : Gandhi My Father est l'événement cinématographique indien de l'été.
Réalisé par Feroz Khan et produit par l'acteur Anil Kapoor, Gandhi My Father n'est pas un énième film sur la vie du Mahatma. Certes, le film parle bien de lui. Mais cette fois-ci, ce n'est pas le Gandhi père de toute une nation qui est porté à l'écran. Dans Gandhi My Father , la lumière est faite sur Gandhi en tant que père tout court, père de Harilal, un fils que l'histoire avait décidé d'oublier.

Akshaye Khanna, excellent acteur qui sait mieux que quiconque simuler le regard d'un chien battu, est Harilal. Un rôle fait pour lui, un personnage qui lui était prédestiné selon bon nombre de journalistes. Akshaye incarne donc Harilal, le fils terrible de Gandhi (interprété par l'acteur Darshan Jariwala) par qui est né le scandale.
Menant une vie que son père juge dépravée, Harilal devient Abdullah Gandhi dans les années 30 après s'être converti à l'Islam. Un acte qui offensa profondément son père qui est persuadé qu'il a fait cela uniquement par intérêt et pour des raisons purement financières. Car Gandhi respectait l'Islam (et toutes les autres religions d'ailleurs), et le comportement de son fils n'a fait qu'accentuer les tensions entre les deux hommes.

Attiré et influencé par les milieux extrémistes musulmans, Harilal va, lors d'un meeting, agresser physiquement un orateur qui dénigrer son père. Un déclic, une prise de conscience du jeune homme qui finira par se reconvertir à l'hindouisme, sans doute une façon de demander pardon à son père.
Afin de répondre à certaines réflexions qui lui ont été faites, Feroz Khan précise que son film n'est pas une critique de Gandhi. L'idée de Gandhi My Father était juste de montrer que, si extraordinaire qu'il fût, Gandhi avait ses faiblesses, comme tous les hommes de cette terre :
« Toutes les libertés acquises de part le monde ont demandé des sacrifices. Et certains de ces sacrifices était la famille. C'est ce qui arrivé dans le cas de Gandhi et Harilal » a expliqué Feroz Khan.

Akshaye Khanna, de son côté, avoue qu'il ne connaissait pas l'histoire du fils de Gandhi avant de lire le scénario :
« Avant de lire le scénario, je n'avais jamais entendu parler de lui. Bien sûr, je savais que Gandhi avait une famille mais je ne savais absolument rien sur Harilal. Il a donc été relativement facile pour moi de l'interpréter à l'écran. Je n'avais pas besoin d'imiter quelqu'un de connu ».

« Un film comme Gandhi, My Father n'est pas facile à faire. Et nous n'avons pas fait un petit film d'auteur, nous avons fait un gros film commercial. D'autre part, il était primordial de faire une bonne promotion, et plus particulièrement parce qu'il s'agit du Mahatma Gandhi, qui fait partie intégrante de notre vie de tous les jours » à ajouter Akshaye.
Décrit par l'histoire comme quelqu'un de négative, Harilal serait, au contraire, quelqu'un de courageux, comme l'a expliqué » Akshaye à un journaliste :
« Harilal n'est pas du tout quelqu'un de sombre. Il est pour moi le personnage le plus courageux que j'ai eu à interpréter. Pour qui que ce soit, même un fils, se dresser contre Gandhi requière immensément d'audace et de courage. L'Empire Britannique n'a pas pu le faire. Harilal oui ! »

Une relation entre un père et un fils est un sujet souvent lourd et chargé d'émotion. Certains journalistes ont alors fait un parallèle avec la relation qu'avait Akshaye avec son propre père. L'acteur s'est-il inspiré de sa propre expérience pour préparer son personnage ?
« Laissez moi vous dire une bonne chose : je ne me suis jamais inspiré de ma vie personnelle pour interpréter un rôle. J'ai lu que certains acteurs le faisaient, pas moi. Je me sers seulement de mes émotions du moment et je me jette à l'eau » a expliqué Akshaye. Au moins, les choses sont claires.

En dépit de l'engouement que suscite la sortie de Gandhi My Father , les murs des villes ne sont pas recouverts par des affiches du film, comme c'est habituellement le cas pour les blockbusters de Bollywood. Une négligence de la part de la production ? Pas du tout, bien au contraire. Car comme l'a expliqué un membre du staff au Times of India , « les gens ont la mauvaise habitude d'arracher et d'abîmer les affiches de cinéma. Et Anil (Kapoor) ne voulait pas que l'image de Gandhi soit salie de quelque façon que ce soit. » Une belle preuve de respect de la part de la production !
Le 07.08.2007
Ecrit par Patrik-J / Peopollywood 2007